Introduction


La personne âgée a souvent restreint son alimentation. Ses réserves nutritionnelles sont amoindries par la fonte musculaire (sarcopénieDéfinitionLa sarcopénie est le phénomène physiologique par lequel un individu qui vieillit perd sa masse musculaire au profit de sa masse adipeuse.). L’hypermétabolisme est quasiment toujours impliqué dans les polypathologies des malades âgés. Identifier les différents troubles nutritionnels et les corriger sont une préoccupation permanente en gériatrie.

Dans une approche prospective, la malnutritionDéfinitionLa malnutrition désigne un état pathologique causé par la déficience ou l'excès d’un ou plusieurs nutriments.Un apport alimentaire inadapté peut provenir d'une nourriture en mauvaise quantité (apport calorique insuffisant ou, au contraire, excessif) ou de mauvaise qualité (carences nutritionnelles ou excès de graisses...) ; d'autres facteurs, notamment psychologiques et pathologiques, interviennent également.Dans les pays en développement, le plus grand problème nutritionnel est la sous-alimentation, due à un apport calorique insuffisant. Mais partout dans le monde, diverses formes de malnutrition existent, débouchant notamment sur l'obésité et sur de graves carences. La malnutrition a ainsi été appelée la faim invisible ou faim cachée (hidden hunger en anglais) par les Nations unies[1], affectant deux milliards de personnes souffrant de carences en sels minéraux et en vitamines, pouvant provoquer des maladies mortelles. apparaît comme le principal facteur de  mauvais  diagnostic  au  regard  des variables  mortalité,  morbidité  et  perte d’autonomie.

En fin de vie l’alimentation et l’hydratation impliquent  la  recherche  prioritaire  du confort du malade.

1  -  Sarcopénie et réserves nutritionnelles


Avec le vieillissement, la masse musculaire diminue : les muscles squelettiques perdent la moitié de leur poids entre 20 et 80 ans. Le vieillissement, la diminution de l'activité physique et les maladies sont responsables  de  ce  qu'il  est  désormais convenu d'appeler : la sarcopénie.

Le diagnostic de la sarcopénie est facile : l'inspection du malade montre l'amyotrophie généralisée. Pour la quantifier, une mesure des circonférences de membres et de la force musculaire segmentaire suffisent. Toutefois, à l'intérieur même de la masse musculaire restante, on constate une réduction de la masse cellulaire active, remplacée par des liquides et des solides extra-cellulaires  inertes. Le muscle est de moins bonne qualité fonctionnelle.

Les conséquences de cette sarcopénie sont nombreuses :

  • Dans les situations d'urgence créée par une infection sévère ou une intervention chirurgicale, le muscle a un rôle  de  "réserve"  de  protéines  qui pourvoit aux besoins accrus en acides aminés pour la synthèse des protéines inflammatoires  et  le  fonctionnement des cellules du système immunitaire. La ponction de ce pool de protéines n'est pas  intégralement  restaurée  après chaque agression chez le sujet âgé. S'il y a sarcopénie, les réserves d'acides aminés deviennent trop faibles.
  • La motricité devient pénible, responsable en particulier de chutes, mais aussi de troubles du tonus axial, de difficultés pour la mastication, etc.
  • La thermorégulation et la sensibilité à l'insuline sont déficientes.
  • Le capital minéral osseux diminue par défaut de sollicitation.
  • Finalement,  l'autonomie et la qualité de vie régressent.
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