6  -  Chirurgie ambulatoire

La chirurgie ambulatoire ou « chirurgie de jour » est amenée à se développer de plus en plus en France, comme l’ont fait la plupart des pays industrialisés. L’amélioration des techniques chirurgicales et anesthésiques, la meilleure prise en charge de la douleur postopératoire et l’évolution des mentalités font qu’une majorité des actes chirurgicaux va se faire probablement selon un mode ambulatoire d’ici quelques années. Ceci nécessite de toute évidence une réadaptation de l’organisation et des concepts architecturaux actuels afin de s’adapter aux spécificités de la chirurgie ambulatoire [ (54) Seraqui M., Guide de l’ambulatoire. Paris: Éditions ENSP; 1998.54,  (55) Seraqui M., Architecture de l’ambulatoire. Rev Hosp Fr 1999;1:61-2.55]. Le décret d’octobre 1992 et l’arrêté de janvier 1993 fixent avec précision les modalités de fonctionnement de ces secteurs ambulatoires et les caractéristiques du secteur opératoire [56, 57]. On distingue des centres de chirurgie ambulatoire dits « indépendants », des centres dits « satellites », situés dans l’enceinte hospitalière, mais disposant d’un bloc opératoire dédié, et enfin de centres dits « intégrés », partageant un bloc commun avec la chirurgie conventionnelle. Les premiers sont rares en France et sont surtout attachés à une spécialité comme la chirurgie de la main. Les centres intégrés représentent l’éventualité la plus fréquente, compte tenu de la capacité moyenne assez limitée de la plupart des unités ambulatoires, de l’ordre de cinq à six places. L’existence d’un centre « satellite » avec son propre bloc opératoire doit être justifiée par une activité suffisamment importante, compte tenu des contraintes importantes en personnel et en matériel qu’impose un autre bloc, comme on l’a vu précédemment. Si l’on opte pour un centre intégré, le mode de fonctionnement ambulatoire doit être favorisé par un positionnement le plus proche possible du bloc opératoire et par un circuit le plus direct avec ce dernier, afin de faciliter les flux [15]. Il est plus que souhaitable de disposer à cet effet d’un sas d’accès spécifique, facilitant les transferts avec le secteur ambulatoire et évitant les croisements avec l’hospitalisation traditionnelle. Si le secteur opératoire est commun, il s’agit surtout des salles interventionnelles, et là aussi il est intéressant de disposer d’un secteur d’induction et de réveil différent de celui de la chirurgie conventionnelle, afin de faciliter les flux. En cas de restructuration d’un bloc opératoire, tous ces éléments doivent bien sûr être pris en compte. En ce qui concerne la programmation opératoire, il faut bien évidemment éviter le mélange des interventions ambulatoires et conventionnelles au sein d’une même salle et s’efforcer de regrouper tout ce qui est pratiqué en chirurgie de jour, avec des horaires compatibles avec ce mode de fonctionnement.

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