2 . 1 . 6  -  Locaux annexes

Ils sont surtout représentés par les salles de préparation des équipes chirurgicales, les salles d’induction anesthésique, les locaux de décontamination et les locaux de stockage, l’ensemble de ces locaux pouvant être regroupé au sein d’un même secteur pour desservir plusieurs salles d’opération. D’autres locaux sont représentés par le bureau du chef de bloc, la salle de repos, les vestiaires et différents locaux de rangement, la salle de surveillance post-interventionnelle étant étudiée secondairement. Les locaux de stockage doivent être privilégiés car indispensables mais souvent insuffisants et d’un espace trop limité pour recevoir la totalité des matériels, le nombre de matériels à usage unique et d’implants livrés stériles ne faisant qu’augmenter. Les gros matériels, accessoires de tables, amplificateurs de brillance, colonnes vidéo, consoles de navigation chirurgicale doivent également trouver leur place dans des lieux de stockage dédiés plutôt que dans un local inadapté, ou pire, dans un couloir.

2 . 1 . 7  -  Salle de surveillance postinterventionnelle (SSPI)

La plupart du temps totalement intégrée au sein du bloc opératoire, son ordonnancement et son mode de fonctionnement vont directement influer sur l’organisation du bloc opératoire. Les recommandations de la Société française d’anesthésie et de réanimation (SFAR) de septembre 1994 préconisent 1,5 place minimum par salle d’intervention, une surface de 10 à 12 m2 par emplacement et la possibilité de pouvoir mettre en oeuvre un isolement septique. Il est important de pouvoir disposer de postes de lavage des mains suffisamment nombreux avec distributeurs de solutions hydroalcooliques. La majorité des équipements est disposée en hauteur afin de faciliter les soins et l’entretien des sols.

L’organisation de la salle est primordiale en privilégiant une forme en U plus ou moins allongé, autour d’un poste de surveillance central, ce qui favorise la vision des patients et réduit les déplacements. Il faut savoir que la SSPI a été souvent exclue de l’enceinte même du bloc opératoire, avec le développement il y a de nombreuses années des systèmes de plateauxtransferts. La philosophie initiale de ce système était d’installer le patient sur le plateau de la table d’opération dès son arrivée au bloc opératoire et de le retransférer sur son lit, directement à l’issue de l’intervention. Le lit provenant de l’extérieur et ne pouvant pénétrer dans l’enceinte du bloc opératoire, la SSPI se trouvait de ce fait « extramuros » [12,  (26) Ancellin J., Contribution de l’ingénierie biomédicale à la conception d’un bloc opératoire. Tech Hosp 1999;637:44-51.26]. Ce système s’est malheureusement dévoyé dans le temps, les explications étant multiples [ (27) Fagot L., Guide pour la conception et la rénovation des blocs opératoires. [mémoire stage DESS], Université de technologie de Compiègne, 2000.27]. La SSPI est à présent très souvent intégrée au bloc opératoire, ne serait-ce que parce que les médecins anesthésistes accompagnent ou viennent revoir régulièrement leurs patients durant la phase de réveil. Si d’autre part les plateaux-transfert restent très souvent utilisés, grâce à la souplesse et à la facilité d’emploi qu’ils apportent, ils ne sont pas conçus pour conserver les patients au-delà de la période opératoire. Ils nécessitent donc un nouveau transfert du plateau vers un autre support, le plus souvent actuellement vers un chariot-brancard, où le confort et la sécurité du patient sont assurés jusqu’à un nouveau transfert vers le lit du patient, à sa sortie de SSPI. Pour échapper à ce double transfert, certains court-circuitent le temps intermédiaire de chariot-brancard pour installer directement le patient sur son lit, ce qui représente un véritable non-sens, dans la mesure où il est très difficile de décontaminer correctement ce support.

Quoi qu’il en soit, ce ou ces transferts nécessitent très souvent le concours de nombreux personnels, surtout lorsqu’il s’agit de patients fragiles, de forte corpulence et lourdement appareillés. Il s’agit alors fréquemment de personnels extérieurs au bloc opératoire, infirmier, aide-soignant de l’unité de soins, brancardier, dont les tenues ne sont pas forcément adaptées à celle d’un secteur protégé. Il en résulte alors un mélange qui ne peut que concourir à l’introduction de germes extérieurs et à ouvrir une véritable brèche dans un lieu qui se veut pourtant hyperprotégé. On voit bien ainsi que la SSPI représente souvent le « maillon faible » du système. Afin d’y remédier, il faut sans cesse rappeler les règles intangibles d’asepsie au bloc opératoire, telles qu’elles ont été parfaitement décrites par Lannelongue [17], et proposer un système de sas-transfert suffisamment étanche pour l’entrée et la sortie des patients. On peut ainsi transférer le patient de son lit vers le chariot (et inversement) à travers une cloison interdisant le contact entre les deux supports et dont seule la partie haute est ouverte, permettant de faire glisser le patient [17]. Ceci n’est cependant pas toujours très facile, ne serait-ce qu’en présence de patients dont la manipulation est rendue difficile, pour les raisons évoquées précédemment.

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