Cours

3.3.2.3. Facteurs d'évasion des systèmes de défenses de l'hôte

Les bactéries parodontopathogènes ont à leur disposition un ensemble de moyens leur permettant de contourner les barrières de protection et systèmes de défense locale de l'hôte infecté.

L'épithélium du sillon gingival

Il est fragile par sa faible épaisseur et l'absence de kératinisation ; l'épithélium de jonction en est la zone la plus vulnérable. Cet épithélium est facilement perméable aux bactéries et à leurs produits. La desquamation régulière permet l'évacuation du plus grand nombre des bactéries fixées à la surface des cellules épithéliales.
Par contre, la surface dentaire de l'espace gingivo-dentaire, émail, dentine ou cément, est non desquamante, et ne permet pas l'élimination des bactéries qui y sont fixées.

Rupture des desmosomes lors d’une inflammation, et passage des bactéries
Rupture des desmosomes lors d’une inflammation, et passage des bactéries
Les défenses salivaires

Elles ne sont efficaces qu'à l'entrée de l'espace gingivo-dentaire. L'effet de lavage et de détersion de la salive ne s'exerce pas sur les bactéries fixées. Certaines de ces molécules salivaires, les agglutinines et les IgA sécrétoires (qui ont un effet inhibiteur sur l'adhérence des bactéries), mais aussi les substances bactéricides (lysozyme, lactoferrine), sont labiles sous l'action de certaines bactéries.

Le fluide gingival

Transsudat sérique dans le sulcus sain, exsudat inflammatoire dans les poches parodontales, il véhicule de nombreux facteurs antibactériens.
Les anticorps IgG, IgA et IgM du sérum, ou issus de la synthèse locale par les plasmocytes de la gencive, participent à la neutralisation des toxines bactériennes, à l'opsonisation des bactéries puis à la bactériolyse. Le complément est actif par opsonisation menant à la phagocytose (C3), en stimulant la chimiotaxie des polynucléaires (C5), et en déclenchant la bactériolyse (C8, C9).
Ces molécules de défense sont labiles sous l'action de certaines bactéries.

Les cellules phagocytaires

Situées dans l'espace gingivo-dentaire, ce sont essentiellement des polynucléaires neutrophiles, et en très faible proportion des monocytes et des macrophages.
Une capsule protège certaines bactéries contre la phagocytose.
La production de catalase et de superoxyde dismutase par d’autres bactéries rend inactifs le peroxyde d'hydrogène et les anions superoxydes produits par les neutrophiles ; elle permet ainsi à certaines bactéries d'échapper à la bactériolyse.
Une leucotoxine produite par certaines bactéries est également active sur les neutrophiles.