Cours

3.2.3. La réaction périapicale

On les dénomme lésions inflammatoires périapicales d'origine endodontique (LIPOE). Dans l'espace périapical, les bactéries issues du canal radiculaire sont directement confrontées au système général de défense de l'hôte, dont les éléments humoraux moléculaires et cellulaires sont mis en place par le torrent circulatoire au niveau du desmodonte et de l'os alvéolaire. L'installation des défenses immunitaires entraîne des destructions tissulaires importantes et la formation d'un abcès apical. Un équilibre précaire s'installe, et la réaction périapicale présente plusieurs formes, selon différents paramètres : la nature et la quantité des bactéries présentes, la disponibilité locale des facteurs de défense et le temps.

Abcès périapical avec fistule + version radio
Abcès périapical avec fistule + version radio

Les réactions périapicales à l'infection endodontique peuvent être aiguës ou chroniques, inflammatoires ou infectieuses.

La desmodontite, ou arthrite alvéolaire, ou parodontite apicale, est la première manifestation d'une réaction périapicale.
Le granulome est la forme la plus courante de lésion passée à la chronicité; il évolue parfois en ostéomyélite.
Le kyste peut également s'infecter. La chronicité de la lésion témoigne de l'équilibre entre les bactéries et les défenses de l'hôte actives autour de la lésion. L'évolution aiguë est le signe que cette ligne de défense est dépassée. On a décrit des formes d'actinomycoses périapicales, à point de départ endodontique, riches en Actinomyces israelii. Ces actinomycoses sont des infections périapicales qui persistent après traitement endodontique.
Si les défenses de l'hôte sont dépassées, la réaction inflammatoire diffuse s'étend dans les tissus mous pour la cellulite, et dans les tissus durs pour l'ostéite.

Cellulite maxillaire fermant l’œil
Cellulite maxillaire fermant l’œil

Le rôle de Fusobacterium semble alors plus important. L'abcès périapical aigu est toutefois la manifestation clinique d'une infection requérant le plus fréquemment une intervention d'urgence. Il se traduit par une inflammation purulente dans les tissus périradiculaires.

Cellulite sous mentonière
Cellulite sous mentonière

Les destructions tissulaires sont essentiellement liées à l'activité de synthèse des cellules de l'hôte plutôt qu’à l'activité des protéases des bactéries. Le rapport entre les différents types cellulaires, que ce soit les polynucléaires, les macrophages, les lymphocytes, les plasmocytes, les mastocytes ou les cellules NK (Natural Killer), varie au cours du temps. Les lymphocytes B et T restent les cellules prédominantes dans les infections périapicales, mais on remarque une grande quantité de polynucléaires dans les formes aigues et de macrophages dans les formes chroniques.
Les macrophages produisent continuellement des cytokines pro-inflammatoires (IL-1, TNF-α) exacerbant le tableau clinique (œdème, douleurs, fièvre).