Introduction

Ce chapitre est conforme à la conférence de consensus de 1998 (prévention, dépistage) et au Thésaurus de cancérologie digestive (traitement, actualisation de février 2007).

En France, avec 37 000 nouveaux cas par an, le cancer colorectal (adénocarcinome) est le troisième cancer le plus fréquent après le cancer du sein et de la prostate. Son incidence a augmenté ces vingt dernières années. Il représente la deuxième cause de mortalité par cancer. La réduction de la mortalité par cancer colorectal grâce au dépistage et au traitement des lésions pré-cancéreuses et des lésions cancéreuses à un stade curable représente actuellement un objectif majeur de santé publique (le cas des tumeurs endocrines et des lymphomes coliques n’est pas développé ici car ils sont exceptionnels).

(1)Thésaurus de cancérologie digestive.
(1)Prévention, Dépistage et Prise en charge des Cancers du Côlon.

1  -  Tumeurs benignes du côlon et du rectum

Les petites tumeurs bénignes faisant saillie dans la lumière intestinale, que l’on regroupe sous le terme de polypes, sont très fréquentes et représentent pour certaines d’entre elles, le stade précoce habituel de développement des cancers colorectaux. Les tumeurs bénignes de grande taille de la paroi du côlon ou du rectum sont en revanche rares.

1 . 1  -  Définition des polypes et polyposes

Le terme de polype colorectal désigne une tumeur de petite dimension faisant saillie dans la lumière du côlon ou du rectum sans préjuger de sa nature histologique. Le polype peut être sessile (comme un verre de montre ou le sommet d’une colline posé sur la paroi, dans sa continuité), pédiculé (comme un champignon ou un battant de cloche, avec une tige et une tête) (fig. 9.1), ou plan (relief peu ou pas perceptible en endoscopie standard), de nature bénigne ou maligne. Lorsqu’il existe de nombreux polypes (> 10), on parle de polypose.

Fig. 9.1. Aspect macroscopique des polypes en coloscopie
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