2 . 5  -  L’activité électrique cardiaque : automatisme et conduction

Le muscle cardiaque appelé myocarde est doué d’automatisme : il possède des cellules musculaires cardiaques appelées cardiomyocytes ayant la propriété de produire une activité électrique répétitive spontanée. L’ensemble de ces cellules forme le tissu nodal qui produit donc des impulsions électriques entraînant une contraction myocardique. La majorité des cellules du tissu nodal peuvent générer l’automatisme cardiaque mais les plus rapides imposent leur rythme aux autres.

Le tissu nodal comporte un premier amas cellulaire situé dans la paroi atriale droite à proximité de l’abouchement de la veine cave supérieure : le nœud sinusal de Keith et Flack (également appelé sino-atrial). Il génère spontanément des potentiels d’action, à une fréquence modulée en permanence en fonction des besoins de l’organisme, provoquant une dépolarisation qui se propage de myocyte en myocyte dans les parois auriculaires droite et gauche entraînant ainsi la contraction atriale avant de buter sur l’anneau auriculo-ventriculaire non conducteur. La fréquence de dépolarisation du nœud sinusal (entre 60 et 100 bpm) s’impose à l’ensemble du tissu nodal.

La stimulation est relayée par un deuxième amas de myocytes automatiques : le nœud atrio-ventriculaire d’Aschoff et Tawara, doué lui aussi d’automatisme et qui présente une fréquence de déclenchement spontanée des potentiels d’action plus basse, de sorte que la dépolarisation provenant du nœud sinusal l’atteint avant l’apparition de son potentiel d’action spontané. 

A partir du nœud atrio-ventriculaire, un réseau de myocytes automatiques assure la conduction rapide de la dépolarisation à l’ensemble du myocarde ventriculaire, par le faisceau de His : tronc, branches droite et gauche (elle-même subdivisée en hémi branches antérieure et postérieure gauches) puis les fibres de Purkinje. Le septum interventriculaire est dépolarisé de la gauche vers la droite puis les ventricules de l’endocarde vers le myocarde. La contraction des ventricules se produit quelques fractions de seconde après celle des oreillettes, compte tenu du temps de propagation de l’onde de dépolarisation.

Figure 20 : Activité électrique cardiaque

En pathologie, l’origine de l’automatisme peut ne pas être sinusal :

  • soit lorsqu’il existe un foyer de cellules générant une impulsion à une fréquence plus rapide que celle du nœud sinusal et donc inhibant celui-ci (tachycardie anormale).
  • soit lorsque le nœud sinusal est déficient ou alors lorsque la conduction est défaillante entraînant des risques d’arrêt transitoire (syncope) ou permanents (mort subite) de l’activité cardiaque. Dans ce cas un autre groupe cellulaire du tissu nodal, constituant des pacemakers  de réserve et prend  le relais pour générer l’automatisme cardiaque.  Les pacemakers de relais sont localisés dans la jonction auriculo-ventriculaire (pacemaker jonctionnel) et le myocarde ventriculaire (pacemaker ventriculaire). Plus le pacemaker prenant le relais est bas et plus la fréquence cardiaque d’échappement est basse. Ainsi le pacemaker jonctionnel stimule à une fréquence cardiaque de 40 à 60 bpm et le pacemaker ventriculaire à une fréquence cardiaque variant entre 15 et 30 bpm.  


Inversement il peut exister des voies de conduction supplémentaires entre les oreillettes et les ventricules pouvant exposer le patient à des troubles rythmiques potentiellement graves.

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