3  -  Effets de l'avancée en âge

A. Effets bruts du vieillissement

En dehors de tout contexte pathologique ou de toute prise médicamenteuse susceptibles de modifier l’activité gonadotrope et/ou leydigienne, la sénescence s’accompagne par elle-même de modifications de l’équilibre androgénique. Le taux de production de T se réduit avec l’âge. La clairance métabolique s’abaisse en raison d’une diminution de son utilisation périphérique. Certaines études de prévalence, effectuées chez des hommes en bonne santé, indiquent que si seulement 1 % des hommes de 40 ans ont un taux de T inférieur à la limite basse (établie chez l’homme jeune) de la norme, cette proportion s’élève à plus de 20 % après 60 ans. Vraisemblablement en conséquence de cette hypoandrogénie relative, le taux plasmatique de SHBG subit une évolution inverse à celle de la T, induisant une réduction de la fraction libre du stéroïde de près de 50 % entre 25 et 75 ans (figure 7.3). Simultanément, la concentration tissulaire en récepteurs de la T semble décroître avec l’âge. Cela pourrait constituer un élément supplémentaire de réduction de l’imprégnation tissulaire en androgènes. À l’inverse, l’activité de la 5 – a – réductase se modifie peu avec l’âge ; le taux de DHT varie donc peu, alors que l’aromatisation de la T en E2 s’accroît, vraisemblable conséquence de l’inflation de la masse grasse.

Fig. 7.3. Évolution des taux plasmatiques de T et de TeBG

Les taux plasmatiques de T libre et de TeBG sont des valeurs moyennes (± SEM) en fonction de l’âge (noter que l’origine des ordonnées n’est pas à 0).

B. Mécanismes sous-jacents

La réduction « physiologique » de la stéroïdogenèse leydigienne liée à l’âge répond à des mécanismes physiopathologiques composites. Au premier plan apparaît un déficit testiculaire primaire dont témoignent l’augmentation progressive du taux de LH et la réduction de la capacité de réponse sécrétoire de la cellule de Leydig à la stimulation par hCG, observée chez l’homme âgé par rapport à l’adulte jeune. Cela a été attribué à la réduction du nombre de cellules de Leydig, authentifiée sur des coupes histologiques.

S’y associe une réduction de la sécrétion gonadotrope qui a été rattachée à une élévation de la sensibilité hypothalamique, suite à l’action de rétro-régulation négative de la T, ou de ses métabolites actifs (DHT ou 17 – b – E2). Le site de la modification de ce set-point de la rétro-régulation stéroïdienne serait hypothalamique. Ces modifications physiologiques, loin d’être systématiques, ont, lorsqu’elles existent, une intensité très variable d’un individu à l’autre. Elles s’inscrivent par ailleurs dans un contexte plus général de modifications de l’équilibre hormonal lié à l’âge, et s’associent fréquemment à des modifications à la baisse de la sécrétion somatotrope et à une réduction majeure de la sécrétion de l’androgène surrénalien DHEA.

3/9