1  -  Rappels anatomiques et physiologiques

1 . 1  -  Rappel anatomique

À la description classique de la dent, formée d’une couronne, d’une racine et creusée d’une cavité pulpaire, s’est substitué le concept plus large d’organe dentaire. Cet organe dentaire est formé de l’odonte (ou dent anatomique) et de ses tissus de soutien,ou parodonte (fig 9.1).

Figure 9.1 Anatomie de l'organe dentaire

Odonte

L’odonte est constitué de trois éléments : l’émail, la dentine et la pulpe.

L’émail est une substance très dure, acellulaire, formée de prismes minéraux (calcium et phosphate sous forme de cristaux d’hydroxyapatite) à partir d’une matrice organique. La salive est un élément majeur de protection de l’émail en tamponnant l’acidité endogène et exogène.

La dentine est le constituant principal de l’odonte. Elle participe à la constitution des deux unités anatomiques de la dent, la couronne et la racine :

  • la couronne, intraorale, où la dentine est recouverte par l’émail ;
  • la racine, intraosseuse, où la dentine est recouverte de cément.

Entre couronne et racine, le collet de la dent est serti par l’attache épithélioconjonctive de la gencive (joint d’étanchéité vis-à-vis du milieu buccal).

La pulpe dentaire, tissu conjonctif bordé par les odontoblastes, comporte un axe vasculonerveux terminal pénétrant par les orifices apicaux de la dent. L’innervation est fournie par les branches terminales du nerf trijumeau (V2 pour les dents maxillaires, V3 pour les dents mandibulaires).
 
Parodonte

Appareil de soutien de la dent, le parodonte est formé par quatre éléments : la gencive, le desmodonte, le cément et l’os alvéolaire.

La gencive comprend deux parties : le chorion qui, à son tour, est recouvert d’un épithélium.

Le desmodonte (ou ligament alvéolodentaire ou périodonte)est un véritable appareil suspenseur et amortisseur de la dent. Siège de la proprioception, il est formé de nombreux trousseaux fibreux unissant le cément radiculaire à l’os alvéolaire.

Le cément, sécrété par les cémentoblastes, est une substance ostéoïde adhérant à la dentine radiculaire.

L’os alvéolaire comprend un rebord d’os spongieux entouré de deux corticales. Creusé d’alvéoles, il est tapissé par une couche d’os compact, la lamina dura, structure modifiée en radiologie dans certaines pathologies (hyperparathyroïdie). Cet os alvéolaire qui supporte les dents « naît et meurt » avec elles.

Le sillon gingivodentaire (sulcus) sépare la gencive libre de la couronne dentaire. Sa profondeur varie selon les dents et leurs faces de 0,5 à 2 mm. Son fond est occupé par une attache épithélioconjonctive, véritable barrière entre le parodonte profond et la flore buccale.

1 . 2  -  Physiopathologie de l’infection dentaire

Les lésions dentaires et parodontales peuvent aboutir à la formation de foyers infectieux. Deux voies sont possibles pour les bactéries (fig 9.2).

Figure 9.2 Les deux voies de propagation de l'infection dentaire

Voie endodontique

Carie de l'émail (I) => Carie de la dentine (II) => Pulpite (III) => Parodontite apicale d’origine endodontique (IV) =>  Complication infectieuse.

Voie sulculaire (ou parodontale) marginale

Parodontopathie  =>  Nécrose pulpaire =>  Complication infectieuse.

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