3  -  Clinique

La longue phase d’invasion est asymptomatique. Lors de cette phase, le ver arrête parfois sa migration sans perforer la peau, meurt et se calcifie sans provoquer aucun trouble. Il est alors découvert de façon fortuite sur un cliché radiologique (figure 18.3).

Fig. 18.3 Radiographie de jambe. Calcification de Dracunculus medinensis
Fig. 18.3 Radiographie de jambe. Calcification de Dracunculus medinensis

L’issue de la partie antérieure de la femelle à travers la peau constitue la symptomatologie clinique la plus marquante de l’affection. Parfois précédée de la visualisation du ver adulte sous la peau (figure 18.4), puis d’une réaction localisée (prurit, douleur, urticaire), une phlyctène apparaît, accompagnée d’une sensation de brûlure. Cette bulle se rompt au contact de l’eau et se transforme en une ulcération de 5 mm à 10 mm de diamètre au fond de laquelle l’extrémité antérieure du ver devient visible.

Fig. 18.4 Peau : dracunculose (filaire de Médine), adulte sous la peau (Niger)
Fig. 18.4 Peau : dracunculose (filaire de Médine), adulte sous la peau (Niger).

Cette lésion est, dans 90 % des cas, située au niveau des membres inférieurs (cheville) ou du scrotum, mais le ver peut perforer la peau à n’importe quel endroit du corps. Un même sujet peut être porteur de plusieurs vers.

Des complications mécaniques et inflammatoires peuvent survenir lors de la migration du ver dans ou à proximité d’une articulation, dans le scrotum, éventuellement dans la plèvre, le péricarde ou le canal rachidien. Des infections bactériennes, dont la porte d’entrée est l’orifice de sortie du ver, sont fréquentes ; le tétanos est toujours à redouter.

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